Quand une de nos étudiantes participe à un tel événement, nous avons sauté sur l’occasion pour découvrir enfin  comment se déroulent les processus de recrutement, ces journées passées à parler de voitures et, évidemment, quelles sont les rémunérations proposées et  les clauses « un peu farfelues » que l’on retrouve le plus souvent dans ces contrats!

Ce sont des questions que nous nous posons souvent. Voici une interview réalisée par Nikolina avec Lys-Milena rien que pour notre blog. Enjoy!

Pourquoi as-tu postulé pour un job au salon de l’auto ? T’intéresses-tu aux voitures généralement ?

Ma postulation pour le salon de l’auto était tout d’abord une sorte de plaisanterie entre copines. Lors d’un cours à l’Uni, une amie qui avait déjà fait le salon l’année précédente, nous racontait que nous serions payées 4000 francs et que l’ambiance sur place était « olé-olé ». Ne nous mentons pas, la somme promise fut notre plus grande motivation. Nous sommes passées par une agence qui nous a proposé des marques selon notre profil lors d’entretiens. Le suspens grandissait et nous nous imaginions déjà passer plusieurs entretiens et choisir au final la marque qui nous plairait le plus. La réalité fut toute autre.

Qu’as-tu dû envoyer pour le dossier de sélection, qu’as-tu mis en avant ? Comment s’est passé l’entretien? As-tu choisi le poste de « car explainer » ou celui-ci t’a-t-il été attribué par défaut ?

La sélection fut en trois étapes. Tout commença par la demande d’adhésion à une agence via le net. Cette pré-inscription était un formulaire de deux pages avec des questions telles que : « combien mesurez-vous ? », « quel poids faites-vous ? », « avez-vous des tatouages ou des piercings ? », « Quelle est votre couleur de cheveux et de yeux ? » ou encore « quelles sont vos connaissances linguistiques ? ». Quelques jours plus tard, l’agence nous contacte par téléphone pour vérifier l’exactitude de notre CV.

La deuxième étape consiste en une « journée d’information » à l’agence qui débute avec un Power Point présentant les différents postes. Des photos d’hôtesses souriantes, bien maquillées et posant devant des marques prestigieuses nous vendaient déjà le rêve. L’après-midi, l’agence nous avait organisé une activité durant laquelle nous devions convaincre les autres participants d’acheter un produit spécifique plutôt qu’un autre. Etape déjà assez corsée lorsqu’il faut le faire dans une langue étrangère.

La troisième partie de la journée était une interview avec une employée de l’agence pour tester une dernière fois nos connaissances linguistiques. La dernière étape consistait en une demande d’entretien par mail qui t’avertit qu’une marque s’est intéressée à ton profil et aimerait te rencontrer en personne. Cette interview consiste en une présentation dans la langue choisie par l’agence avec la future responsable de la marque, des hôtesses ainsi qu’une des dirigeantes de l’agence. Les questions sont déstabilisantes et te font douter : « Sur une échelle de 1 à 10 où te trouves-tu ? » ou encore « Que fais-tu si je te dis que je n’aime pas ta coupe de cheveux ? » La question qui clôt l’entretien est en rapport avec le thème du salon puisqu’on nous demande quel poste on voudrait recevoir sans pour autant nous promettre qu’il nous sera attribué.

As-tu signé un contrat qui stipule des clauses particulières ? Comment dois-tu te comporter, t’habiller, te maquiller ?

Mon contrat stipulait que je devais arriver à l’heure et que je pouvais être renvoyée pour une seule minute de retard. Le maquillage ainsi que les produits utilisés étaient précisés et ne devaient jamais être modifiés. Au niveau du comportement, nous devions toujours sourire et bien accueillir tous les visiteurs durant notre mandat. Nous avions encore une dernière clause qui stipulait que nous devions faire un minimum de dix leads par jour, ce qui revenait à faire le commercial dans toute sa splendeur pour ensuite pouvoir envoyer un prospectus d’informations chez le client.

La seconde étape consiste à former les participants à présenter les automobiles, comment se déroule la formation ? 

Nous avions une seule journée d’information où les employés de la marque nous informaient sur les nouvelles technologies, ensuite, sur le nouveau modèle en exclusivité au salon de l’auto. Nous étions aussi testés sur nos connaissances de la voiture qui nous avait été attribuée quelques jours auparavant par mail. D’autres marques, par contre, exigent deux jours de formation au minimum.

Comment s’est déroulé ton premier jour ?

Les premiers jours sont consacrés à la presse. Ce sont des jours où les hôtesses doivent rester sur place, ne pas bouger, ne rien dire et sourire uniquement. En un mot : jouer à la poupée. Lorsque les jours ouverts au public arrivent, alors l’agitation commence. Les hôtesses doivent aborder le maximum de clients potentiels, en faisant une sélection parmi les personnes autour du véhicule. Ce stress s’évanouit peu à peu. Les jours suivants une nouvelle sensation d’anxiété apparaît, rester debout au même endroit durant dix jours, ne pas pouvoir s’asseoir une minute et devoir répéter la même chose sans arriver à convaincre. Les marques ont toutes leur manière de s’organiser. Certaines proposent des buffets à midi, d’autres ne donnent que des saucisses pendant 2 semaines. Je ne citerai pas lesquelles.

Quels autres postes existe-il ? Certains auraient-ils pu t’intéresser davantage et pour quelles raisons ?

Il y a des postes très différents. Les stands ont chacun leurs particularités. Certains sont ouverts au public, pour d’autres, il faut impérativement être invité par la marque ou encore remplir un formulaire avec les informations personnelles pour récolter des données sur les clients. Ensuite, il y a les chefs de secteurs, qui eux ne présentent pas les véhicules. Ils assurent le bon déroulement : présences, problèmes éventuels. Ensuite, il y a les personnes qui s’occupent des statistiques. C’est très varié.

 Y retourneras-tu l’année suivante ?

J’y retournerais bien si je ne devais pas louper des cours et si je pouvais changer de marque en repassant un entretien.

 

(Image: http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/voitures-jamais-bon-marche/story/24295515)

Lys-Milena M. et Nikolina L.